Menu Menu

La menace croissante de l’exploitation minière en haute mer

Une étude récente utilisant des méduses révèle le danger qui plane derrière l’industrie minière en haute mer, soulignant l’importance de protéger les écosystèmes marins et les pratiques durables.

Au fond des fonds marins des vastes océans se trouvent des nodules métalliques qui ont suscité l’intérêt de nombreux pays.

Les minéraux contenus dans ces gisements alimentent l’exploitation minière en haute mer, une industrie en plein essor qui considère ces minéraux comme l’élément vital du secteur énergétique. Cette pratique continue d’alimenter le débat international sur ses conséquences environnementales.

Une étude récente publiée dans Nature Communications a prouvé que l’exploitation minière en haute mer avait effectivement de graves répercussions sur la vie marine qui réside dans les colonnes d’eau – le vaste espace entre la surface et le fond marin.

 

L'étude des méduses

L'essentiel de l'étude a été menée sur méduse collectés dans différents fjords norvégiens.

Étant donné que les créatures sont sensibles à la lumière, elles ont été placées dans des réservoirs à température contrôlée dans un laboratoire sombre à bord d'un navire de recherche.

Les réservoirs ont simulé avec précision les niveaux de sédiments et de débris créés lorsque les véhicules d'extraction de minéraux perturbent le fond marin. Étonnamment, l’expérience a révélé une situation dans laquelle les sédiments perturbés ne se sont pas déposés mais ont plutôt circulé dans l’eau.

Lorsque les méduses étaient recouvertes de sédiments, elles produisaient des quantités excessives de mucus, ce qui nécessite beaucoup d’énergie. S’ils sont obligés de continuer à produire du mucus pendant de longues périodes, leur santé se détériorera et il sera difficile d’obtenir de la nourriture.

Il y avait aussi des signes de stress aigu avec l’ajout de gènes associés à la cicatrisation des plaies activés chez la méduse.


Pourquoi l’exploitation minière en haute mer est populaire

Avec l’augmentation de la demande du secteur énergétique, les besoins en minéraux et métaux rares ont considérablement augmenté.

En effet, en juillet, le Autorité internationale des fonds marins des Nations Unies (ISA) a organisé une conférence pour discuter de la question de savoir si les licences d'exploitation minière en haute mer devraient être accélérées. Le résultat de l’assemblée a vu 21 pays voter en faveur d’une interdiction, tandis que d’autres, comme la Chine, la Norvège, Nauru, le Mexique et le Royaume-Uni, ont soutenu une hausse de la mise avec cette pratique écologiquement douteuse.

L’exploitation minière en haute mer implique que des machines lourdes creusent le fond de l’océan pour y extraire des minéraux rares qui sont ensuite pompés vers la surface. Le cobalt, le nickel, le cuivre et le manganèse suscitent un grand intérêt, car ils pourraient être utilisés dans la fabrication de véhicules électriques et d’autres appareils électroniques.

De nombreuses entreprises sont d’ardents partisans de l’exploitation minière en haute mer, affirmant qu’elle est plus efficace sur le plan économique et environnemental que l’exploitation minière terrestre.

Cela dit, les organisations titulaires de licences délivrées par l'ISA se tournent également vers l'exploitation minière des fonds marins, avec La société des métaux (TMC) une entreprise canadienne étant l’un des plus grands acteurs.

TMC est un géant lorsqu'il s'agit d'acquérir les métaux nécessaires à la fabrication de biens dans le secteur énergétique et s'est associé à certains États du Pacifique pour mener sa chasse aux métaux dans l'océan.

La Chine, quant à elle, l'un des plus grands producteurs de métaux au monde, a vu son industrie minière croître rapidement au cours des dernières décennies, tirée par une forte demande intérieure de métaux et par une économie du pays tournée vers l'exportation.

Ces dernières années, Gouvernement chinois a pris des mesures pour répondre aux préoccupations environnementales de l'industrie minière, mais elle reste à l'avant-garde de l'exploration minière en haute mer avec trois grandes sociétés détenant des licences délivrées par l'ISA.

Les ambitions minières de la Chine en eaux profondes pourraient être motivées par le désir de protéger sa position de premier producteur mondial de métaux. De plus, comme elle est déjà leader dans la technologie de l’exploitation minière en haute mer, des investissements supplémentaires pourraient lui donner un avantage économique significatif, dans la mesure où l’industrie devrait devenir de plus en plus lucrative d’ici 2030.

Les impacts environnementaux

Il est essentiel de noter que la plupart des recherches menées sur l’exploitation minière en haute mer couvrent uniquement ses effets sur les fonds marins plutôt que sur la vie marine qui y prospère. Il est donc difficile de chiffrer l’impact global que cette pratique pourrait avoir sur l’environnement.

Sans études dédiées, nous pouvons déjà déduire que l’exploitation minière en haute mer implique le retrait de grandes quantités de sédiments et de roches des fonds marins, détruisant ainsi l’habitat de nombreux organismes marins.

De plus, le panaches de sédiments On peut voir que les eaux créées par la machinerie lourde se propagent sur une grande distance, contaminant l'eau avec des polluants tels que le mercure, le plomb, le cadmium et le cuivre, que l'on trouve naturellement dans les fonds marins profonds ; étouffant la vie marine.

Le bruit provenant de l'exploitation minière en haute mer pourrait également masquer les sons que les animaux marins tels que les baleines et les dauphins utilisent pour communiquer, ce qui rend difficile pour eux de trouver des partenaires, d'éviter les prédateurs et de coordonner leurs mouvements.

À mesure que les animaux évitent ces zones minières, les schémas d’alimentation, de reproduction et de migration pourraient être affectés pour les générations suivantes.

Une autre considération est l’effet de l’éclairage artificiel des fonds marins pour l’industrie. De nombreux organismes, y compris les méduses étudiées, sont particulièrement sensibles à la lumière et comptent sur l'obscurité pour se camoufler face aux prédateurs. Les machines de forage pourraient également bouleverser l’équilibre naturel.

Néanmoins, la demande croissante de stockage de minéraux et de métaux pour l'industrie énergétique semble susceptible d'accélérer les perturbations que nous avons déjà subies sur les écosystèmes marins des profondeurs de nos océans.

La récente étude sur les méduses n'offre qu'un simple aperçu des répercussions potentielles, mais nous aurons besoin de beaucoup plus de recherches si nous voulons œuvrer en faveur d'une réforme écologique.

Accessibilité