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Résolutions, critiques et défis du premier Sommet africain sur le climat 2023

Le Sommet africain sur le climat qui vient de s'achever, un rassemblement important de dirigeants, de décideurs politiques et de parties prenantes, s'est déroulé pendant 3 jours dans un contexte de défis environnementaux urgents. Les gouvernements, les organisations et les chefs d’État africains ont délibéré sur des résolutions cruciales pour lutter contre le changement climatique, les crédits carbone et diverses questions environnementales, sur fond de critiques de la part de jeunes militants.

Le premier Sommet africain sur le climat, qui s'est terminé mercredi au Centre de conférences international Kenyatta à Nairobi, a publié une déclaration appelant à une transformation rapide de la manière dont les nations les plus riches interagissent avec le continent.

Bien que les émissions par habitant de l'Afrique soient nettement inférieures à la moyenne mondiale, le continent subit un impact disproportionné de la hausse des températures mondiales et des conséquences croissantes du changement climatique.

Lors du sommet – auquel j’ai été fier d’assister personnellement – ​​les gouvernements africains ont été invités à revoir leurs politiques climatiques. Des réformes laxistes freinent les investissements dans le carbone sur le continent depuis des décennies, et malgré les efforts déployés par divers gouvernements africains pour se lancer dans des initiatives vertes, aucune action concrète n’a été réalisée à l’échelle nécessaire.

https://youtu.be/aJPC4CXiDqU


Quels ont été les résolutions et les engagements ?

Les gouvernements et les organisations ont souligné le besoin urgent de stratégies d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. De nombreux pays africains se sont engagés à accroître leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de renforcer la résilience aux impacts climatiques.

De même, les systèmes d’échange de droits d’émission de carbone et de crédit ont occupé une place centrale dans les discussions. Les pays africains explorent les possibilités d’exploiter les crédits carbone, en soulignant l’importance de l’intégrité environnementale, de la transparence et de la répartition équitable des bénéfices. Lors de son discours, le président Ruto a affirmé que le crédit carbone de l'Afrique devrait valoir 50 milliards de dollars d'ici 2030.

De plus, Ruto a dévoilé la « Déclaration de Nairobi » à l'issue du sommet. Le document doit servir de position de l'Afrique sur le changement climatique et expliquer comment elle entend relever les défis actuels. Les détails étaient rares, mais le document devrait être lu lors de la COP28 en décembre prochain.

Le sommet a vu un engagement fort en faveur du développement des sources d'énergie renouvelables. Les dirigeants africains ont souligné la nécessité de passer à des systèmes énergétiques plus propres et durables pour lutter à la fois contre le changement climatique et la pauvreté énergétique sur le continent.

La participation des jeunes au sommet n’est pas passée inaperçue. Le rôle central des jeunes militants et dirigeants a été reconnu par les responsables, dont beaucoup se sont engagés à améliorer la communication et l’engagement dans les processus décisionnels à venir.

Lors de l’événement, des investisseurs privés ont annoncé que l’Afrique obtiendrait une cagnotte de 23 milliards de dollars qui servirait à des projets tels que les micro-réseaux solaires, les marchés du carbone et la reforestation. À cet égard, les pays développés se sont engagés à accroître leur soutien financier, comme l’ont annoncé l’envoyé spécial du président américain pour le climat, John Kerry, et la présidente de l’Union européenne, Ursula von der Leyen.


Critiques des militants

De jeunes militants pour le climat, comme Vanessa Nakate de l'UNICEF, ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'ambition des résolutions adoptées lors du sommet et à la gravité des défis auxquels sont confrontés les jeunes.

Nakate a fait valoir que les engagements ne suffisent pas à limiter le réchauffement climatique à 1.5 degré, le seuil critique défini dans l’Accord de Paris. Au cours de son discours, elle a en outre fait valoir que les jeunes ne bénéficient pas de suffisamment de temps et de considération lors des processus de prise de décision.

Certains militants ont critiqué le sommet pour ne pas avoir accordé suffisamment d’espace aux voix populaires et marginalisées. Ils soutiennent que seules quelques communautés subissent le plus gros du changement climatique et devraient jouer un rôle plus important dans l’élaboration des politiques.

Les critiques qui ont organisé des manifestations pacifiques à l'extérieur du lieu ont en outre souligné la dépendance continue aux combustibles fossiles dans certains pays africains, ce qui contredit les objectifs du sommet de transition vers une énergie propre. Ils ont appelé à une élimination rapide et juste des combustibles fossiles au profit d’alternatives renouvelables.


Les défis évoqués

Un financement adéquat des initiatives climatiques reste un défi important. Les pays africains ont du mal à mobiliser les ressources nécessaires pour mettre en œuvre des plans d’action climatiques ambitieux.

De plus, équilibrer les efforts d’adaptation et d’atténuation est un défi complexe. Les gouvernements ont du mal à allouer des ressources aux deux stratégies tout en répondant aux besoins immédiats des communautés vulnérables.

Le développement de marchés fonctionnels du carbone nécessite une conception minutieuse et une coopération internationale.

Selon le président du Kenya, l'Afrique doit avoir son propre modèle de tarification et maîtriser le marché du carbone, car elle émet le moins de gaz à effet de serre. Harmoniser les approches des différents pays en matière d'échange de droits d'émission de carbone constitue toutefois un formidable défi.

Le Sommet africain sur le climat a marqué un tournant crucial dans la lutte contre le changement climatique et les problèmes environnementaux à travers le continent.

Même si le sommet a en partie été le théâtre de résolutions et d’engagements importants, les critiques des militants soulignent l’impératif d’une ambition, d’une inclusivité et d’une responsabilité accrues dans la lutte contre le changement climatique.

La réussite ultime du sommet dépend de sa capacité à traduire les engagements en actions tangibles et à impliquer toutes les parties prenantes, y compris les perspectives des jeunes et des communautés marginalisées.

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